Compte-rendu de lecture n°11 - Le déploiement de la parole
Frédérique Remeau Corinne Simon, Edith Blanquet, Marie-Christine Chartier
« Nous parlons, et nous parlons de la parole. Cela, de quoi nous parlons, la
parole, est toujours déjà en avance sur nous. »
Traversée langagière: le langage n’est pas une propriété de l’ego, le monde
est un in-forme langagier au sens de Gestaltung. La possibilité du monde est
un pouvoir être de l’être humain qui donne forme à des manières de se
rendre présent dit l’hébreu, ce que dit aussi Heidegger, le monde est un
réseau de renvois, une chaîne de renvois se tissant à même les allées et
venues quotidienne du Dasein.
Les choses nous parlent et nous appellent à prendre place et part. Quoi que
ce soit nous parle, nous invite à prendre place, et est chargé de sens, le sens
dans toutes ses dimensions : signification, sensation, position, direction,
disposition. Nous sommes habités par quelque chose qui est la question du
sens, à la fois comme direction, premier chemin la mort, pas encore
maintenant, ce qu’on appelle le temps ; le temps vient, le temps est une
manière d’être disposé, c’est à dire d’avoir pris place, une geste, des
manières de prendre soin.
C’est la même chose quand on fait notre jardin, je vais chercher cette herbe
plutôt qu’une autre, il y a tout un travail de langage dans le sens de prendre
sens, signification, une manière d’orienter et de prendre part, à la fois de
planifier mais aussi de prendre soin et de donner/ se donner sens.
Dans notre travail de thérapie tout est signifiant, on ne voit pas les choses sans
leur donner une signification pour nous à ce moment-là : ça plutôt qu’une
autre. Accepter que le comprendre n’est pas une réflexion mais une manière
de prendre place. Toujours quelque chose nous appelle à prendre place et
part ; c’est une manière de prendre charge de la Dite ;une manière d’être le là
jamais enfermé dans quelque chose, je suis une zone de rapports, une mutuelle affection dit Heidegger.
selon la Kabbale c’est la brisure qui augure des formes mondaines et on doit
en prendre soin; c’est à dire que la réparation est l’acte de restituer la part
mystérieuse de ce dont il est toujours question. Chaque fois qu’on tient
quelque chose, quelque chose se dérobe, nous échappe, une échappée.
Jamais nous ne pouvons nous arrêter dans une signification arrêtée, sinon
nous faisons de la parole un usage scientifique où le but est de maitriser et de
stocker, prendre la vérité comme la maitrise humaine pas comme
dévoilement, faire de la ratio mais pas du spirituel.
La définition de spirituel serait le souffle, l’aller vers, venir, ça parlerait de
pneuma, le souffle ;de physis, intensité de la présence qui appelle à donner
forme pour nous humain pour en faire un séjour mondain. Le monde est la
partie signifiée, c’est ce qui fait la quotidienneté, ce qui nous est familier, qui
est un parti pris, une manière d’avoir pris place et part. Ce qu’Heidegger
appelle une mutuelle affection, une attention aimante qui nous appelle à
prendre soin, l’égard, la pudeur, la tendresse d’être, tous ces mots qu’il
emploie quand il parle d’être, comme si on avait perdu cet esprit-là.
Une invitation à retrouver la dimension poétique, lâcher, il faut penser à partir
d’être ouverture mondaine, prendre part, toujours déjà compris, c’est à dire
pris avec, prenant part et du coup, concerné, défini, mais une définition qui
expose tsans cesse à une autre possible.
Quand nous parlons, la parole est déjà en avance sur nous, nous ne faisons
que parler à sa suite, il y a une Dite qui est à la fois une manière de
prononcer, de se tenir, une saveur . On la voit dans sa dimension pratique de
signification, nous sommes les obligés de la parole, nous avons à en prendre
soin, à nous incliner devant la parole, à préserver sa générosité.
« Nous ne faisons jamais que parler à sa suite. Ainsi, nous sommes
perpétuellement suspendus après cela que nous devrions avoir rattrapé et
ramené à nous pour pouvoir en parler. C’est pourquoi, parlant de la parole,
nous restons empêtrés dans une parole sans cesse trop courte. »
Tout le travail en Gestalt thérapie : travailler avec la forme plutôt qu’avec les
concepts : « c’est ça plutôt que ». Quand nous procédons ainsi, nous sommes
toujours devant le fait que c’est toujours trop court. Je ne peux jamais déplier
une vue totalement, je ne vois que par un angle. Et ça nous donne accès : se
donner à connaitre à la pensée, et ce n’est jamais fini, c’est le propre de la
pensée, la méditation, elle vise à sans cesse ouvrir.
« Cet enchevêtrement nous bloque l’accès de ce qui doit se donner à
connaitre à la pensée. Seulement, cet enchevêtrement, que la pensée n’a
jamais le droit de prendre trop à la légère, se dénoue dès que nous portons
attention à ce que le chemin de pensée a de propre, c’est à dire aussitôt que
nous portons notre regard à l’entour, dans la contrée où la pensée trouve
séjour. »
Ça c’est le dasein, le tout contre, toujours auprès, le déloignement où la
pensée trouve séjour. La pensée appelle à prendre place, à signifier, appeler
par le nom, faire venir un monde sans cesse en voie de sa possibilité suivante;
c’est une manière de séjourner, habiter, bâtir.
« Cette contrée, de partout, est ouverte sur le voisinage de la poésie. »
Quelque chose qui nous donne à entendre et qui jamais ne peut être
totalement maitrisé.
« Méditer le chemin de pensée oblige à penser et repenser ce voisinage.
Repris extérieurement et en faisant le compte, la première conférence traite
de trois sortes de choses.
D’abord le renvoi à une expérience faite poétiquement avec la parole. Ce
renvoi se limite à quelques remarques à propos du poème Le Mot, de Stefan
George.
Ensuite, la conférence caractérise l’expérience, qu’il s’agit ici pour nous de
préparer, comme « expérience pensante ». On est toujours dans l’idée de
donner des conditions pour être éprouvé par ce que veut dire faire une
expérience avec la parole.
« Là où la pensée se trouvant, se retrouve dans sa détermination, celle qui lui
donne à proprement parler son ton, elle se rassemble sur l’écoute de cette
fiance (Zusage) qui nous dit ce qui se donne, pour la pensée , à penser. »
La fiance c’est aussi la confiance, la foi, les fiançailles.
Si on reprend notre résumé, il dit que la première conférence traite de trois
choses :
1er lieu : la dimension poétique
2ème lieu : la question de l’expérience pensante
3ème lieu : fin de la page 364 : La transformation du titre des conférences, ça
nous oblige à repenser la manière de titrer. Le déploiement de la parole va
devenir le déploiement ? De la parole ?
Quand on dit le déploiement de la parole ça agit comme définir quelque
chose, alors que ça devrait nous surprendre et la parole aussi ; là ça appelle
à une pensée méditante qui se laisse questionner qui préserve la question.
Rappelez-vous, être une question, c’est le propre de la démarche
phénoménologique notamment d’Heidegger, il reconduit la question de
l’être comme la question la plus propre, celle qui ne souffre pas de réponse.
C’est ce qui distingue l’ontologie d’Heidegger, la question de l’être, de la
métaphysique qui elle dit quoi est l’Etre, qui a répondu en glissant du qui vers
le quoi de l’étantité. La métaphysique essaye de définir l’être, du coup elle
en fait un étant supérieur et l’être s’oublie dans ce mouvement.
Heidegger reconduit l’être comme cela qui ne dit rien et qui est nécessaire
pour toute Dite mais qui jamais ne peut se saisir, qui se dérobe tout le temps
d’où la définition de la vérité comme aletheia, déplacement d’un voile.
La métaphysique a amené à définir la vérité comme adaequatio, intellectus
(ce que j’ai dans la tête) et rei la chose devant moi.
On est sur le point 2 qui est la question de : « La conférence caractérise
l’expérience, qu’il s’agit ici pour nous de préparer, comme « expérience
pensante ». Là où la pensée se trouvant, se retrouve dans sa détermination,
celle qui lui donne à proprement parler son ton, elle se rassemble sur l’écoute
de cette fiance (Zusage) qui nous dit ce qui se donne, pour la pensée, à
penser. »
Il met en rapport, en tension, il donne à entendre quelque chose de l’ordre
de parole/pensée. Là où la pensée se trouvant, elle se retrouve dans sa
détermination. Le ton est une tonalité mais aussi une détermination, une
direction, c’est une atmosphère, donc ça commence à s’articuler, ça
esquisse. Elle se rassemble sur l’écoute de la fiance, il y a un mouvement, ça
se resserre, ça se rassemble,
Arrive l’image de la sculpture de Camille Claudel « les Causeuses », ces
quatre femmes, ça vient resserrer le cercle pas forcément en réduire
l’espace, ça ouvre différemment, ça fait une zone d’intimité, une zone
d’approchement, ça s’ajointe, c’est se pencher l’un vers l’autre, c’est un
mouvement très doux cette sculpture les causeuses. Ça se penche, ça se
recueille…
L’écoute de cette fiance (Zusage) sage est la Dite et Zu est une direction,
une des formes de la Dite. Zu est en dessous, un mouvement de recueil qui
à la fois ça se lève, c’est un appui, ce mouvement de se rassembler dans les
causeuses ,se pencher ensemble.
Fiance…quelque chose qui nous dirige, on se laisse guider, on se laisse
accompagner, dimension de la foi, ce n’est pas la croyance, c’est laisser
aller, venir, advenir … C’est une écoute qui va nous dire ce qui se donne,
pour la pensée, à penser et il nous appartiendra d’en prendre soin à
nouveau, en prendre charge en y prenant part et place, une manière d’y
venir parti-pris-en-conscience qui n’est pas celui de l’égo, se décider pour
cette manière-là.
La fiance, la foi, le frayage, se fier… La fiance a à voir avec appui, mais aussi
promesse, de quelque chose qui est riche de promesses, gros de quelque
chose, des fruits comme une grossesse qui va enfanter, engendrer. Et là on le
prend dans la dimension de traversée, on esquisse des rapports, on le fait
vibrer. C’est accepter de se laisser caresser mais pas de saisir, le mot
promesse peut donner à entendre cela.
La foi n’est pas sûre, j’ai foi en dieu ne veut pas dire que je crois en dieu, j’ai
foi en une dimension divine, en quelque chose qui échappe, mais pas en
croyant en un dieu. La croyance appelle un dogme, la foi, non. C’est s’en
remettre, j’ai foi et je m’en remets à dieu, c’est à dire à l’innommable,
l’informe.
Dieu, mot vide, mot infini pas de forme, pas le Dieu des chrétiens qui est
devenu un super étant, le mystère… Dans la plupart des religions, Dieu a une
forme ; ça crée les trois monothéismes, sauf dans la pensée hébraïque. Du
coup ça devient des dogmes avec des rituels qui permettent de se
rassembler pour les humains, une manière de faire entendre quelque chose
ensemble. Dans « La traversée des temps », Eric Emmanuel Schmitt reprend
l’histoire des monothéismes, l’arrivée des humains, une histoire de l’aventure
humaine.
« Tout questionnement qui va questionner auprès de l’enjeu de la pensée,
tout questionnement qui questionne après ce qu’est cet enjeu, est d’avance
porté par un dire-le dire fiançant ou fié (die zusage**) de ce qui viendra en la
question. «
(** : Ce mot dit le fait de donner son accord. En ancien français,
fiancier signifie engager sa foi, confier. Die Zusage est ce mode original
du dire, où plutôt de la Dite : le fait que la Dite (die Sage) se dit à (zu)
l’être humain au point qu’en toute rigueur rien d’autre ne lui dit autant
qu’elle.
La Dite nous appelle à prendre part et place, nous sommes les obligés au
sens que nous engageons notre foi, nous y sommes confiés et nous devons
peut-être venir en conscience.
« Voilà pourquoi c’est prêter l’oreille à la fiance qui est le geste proprement
dit de la pensée à présent urgente, et non pas questionner. Mais comme aller
écouter c’est écouter en direction du mot venant à la rencontre 5, écouter le
dire de ce qu’il y a à penser et qui se fie (die Zusage des zu-Denlende) se
développe toujours en un questionnement en vue de la réponse. »
Habituellement et de prime abord, quand on va questionner on cherche une
réponse ( glissement inaperçu de la quiddité vers la quoddité) mais il nous a
bien dit que l’être est ce qui est plus digne de question mais ne peut souffrir
aucune réponse mais notre chemin familier est de chercher une réponse.
« Désigner la pensée comme écoute dépayse, cela ne satisfait pas non plus
à l’intelligibilité (deutlichkeit) dont il est ici besoin. »
Deutlichkeit ils le mettent en allemand car l’intelligibilité est quelque chose qui
devient intelligible, c’est à dire qui prend sa dimension de signification.
Et Deutlichkeit et deutli, ça a à voir avec pointer du doigt, c’est à dire diriger,
en direction de montrer vers, c’est une intelligibilité qui n’a rien à voir avec le
rationnel ; ils le mettent en allemand pour rappeler qu’on n’est pas dans le
domaine de la métaphysique, pour entendre une nuance qui n’est pas celle
de la raison habituelle.
Toutefois, voilà ce qui fait le propre d’écouter : qu’il accueille et reçoive son
être-déterminé (Bestimmtheit-être déterminé quant au ton) une musique et
son intelligibilité (Deutlichkeit) On a la partie sensible et intelligible de cela qui
lui est donné à entendre (bedeutet) par le dire fié(die ZUSAGE ) Un dire remis
à la fiance auquel on se fie, auquel du coup on se prête, on doit se laisser
accueillir.
Ecouter, ça appelle à accueillir et recevoir une manière de se déterminer, ce
n’est pas me déterminer, c’est recevoir une manière d’être toujours et déjà
déterminé, d’avoir déjà compris. Recevoir son intelligibilité, une manière dont
cette tonalité, cette saveur appelle à des significations toujours fourmillantes.
Accueillir et recevoir cet être – déterminé et son intelligibilité de cela qui lui est
donné à entendre par le dire fié. Ça lui est donné, ce n’est pas décidé, ça lui
est donné par un dire fié qui n’est pas lui, c’est un dire qui s’adresse à lui,
auquel il se remet, c’est une position ni active ni passive mais passible, je suis
passible d’être qui ouvre à la possibilité.
C’est quelque chose qui vient, ce n’est pas quelque chose que je décide,
qui sort de moi, ce n’est pas que j’ouvre mes oreilles et ça rentre dedans, .
Comme un peu la musique : quelque chose qui traverse et qui surprend. On
n’écoute pas la musique de la même façon, on n’écoute pas une fleur de la
même façon, et ça amène à prendre la mesure qu’on écoute la fleur et elle
m’écoute aussi. La fleur se présente et elle m’oblige à une manière de me
comporter avec elle, il faut que je me laisse accueillir. Quand je vois une
plante, je sens qu’elle a soif et que ça m’appelle à lui donner de l’eau.
Il indique un temps d’arrêt et de se laisser entendre et d’en prendre soin et ne
pas être dans le questionnement qui pourrait arrêter d’accueillir. Ce n’est pas
le questionner, c’est se laisser accompagner, danser, vibrer, et ça parle, ça
prend place dans le site de la Dite.
Heidegger dit le plus souvent que la parole, le dévoilement, ce mouvement
de sortir de la quotidienneté, la Dite, se dévoile en ce qu’elle fait silence. Elle
nous donne ainsi à entendre : en silence. la parole n’est pas simplement un
enchainement sonore…Et pourtant dans la conversation avec le Japonais dans
un entretien de la parole c’est dans un dialogue que la dite se dévoile….
Ça amène à questionner parler/ raconter , parler /professer un concept; que
veut nous dire « parler »?
On s’approche, on se fraye à travers le langage, ça fait penser au frayement
des poissons, frayer, forme de caresses, entendre les mots quand il y a un
mouvement, ça prend place à coté et ça vient taquiner… ça ne cherche
pas à énoncer une vérité établie par la raison.
Ça ralentit/approfondit à plusieurs niveaux. D’abord il s’agit de ne pas
répondre, mais déjà d’entendre dans l’écoute ce qu’il advient et de quelle
manière…
Et s’ouvre la profondeur de la parole/ de la dite. cela nous évoque la chair,
ce que Merleau Ponty appelle la chair du monde, ça prend épaisseur, ça
laisse mijoter… Ça ouvre la rencontre d’une autre façon. Ça appelle à dire
encore, ça laisse et ça donne aussi, ça prend place, c’est accueillir, pas
attraper, se laisser guider, une rythmique, ça fait penser à la chanson de
geste.
Ça fait lien avec le japonais : il éclaire ça et la réponse viendra, on n’est plus
dans un questionnement qui cherche une réponse. Et du coup même si une
réponse vient on aura aussi avec la réponse une manière de l’accueillir qui
n’est pas figée, qui fait raisonnance, une autre dimension questionnante. On
n’est plus dans un rapport de maitrise ; plutôt un rapport affectueux, d’égard,
d’humilité, de solidarité.
« Pourtant une chose au moins apparait déjà : l’écoute dont il s’agit ici est de
connivence, étant incliné vers elle, avec cette fiance qui est la Dite (die
Sage) à laquelle le déploiement de la parole est apparenté. Que réussisse la
tentative de porter le regard dans la possibilité de faire avec la parole une
expérience pensante, et cela peut apporter une clarté sur le sens en lequel la
pensée est une écoute de la fiance (Zusage). »
La connivence fait penser à la sculpture de Camille Claudel, la complicité,
l’intimité, la délicatesse, la tendresse, être incliné, une direction/ dimension
éclairante et non lumineuse. C’est cela qui apparait: l’écoute de la fiance.
Elle n’est pas de domination, pas de maitrise, elle est juste de se faire comme
un clin d’œil affectueux, elle est aimante au sens de fraternité.
Alors qu’on est pétri de cette culture qui veut que dès qu’on ouvre la bouche
c’est pour affirmer : d’accord ou pas d’accord; là aucun soin de la fiance de
la parole, de se pencher ensemble, il y a de suite une défiance qui est une
façon de faire avec la fiance, on peut rméditer que la fiance se pose
comme une défiance?
Pourquoi c’est si important de dire d’accord ou pas d’accord ? question de
la fiance, de l’angoisse de se tromper et de ne pas savoir s’y fier, alors qu’on
s’y fie en se défiant, c’est une manière de soutenir cette dimension là et de
ne pas pouvoir l’endurer?
Penser c’est écouter la fiance, ce n’est pas le propre d’un sujet lequel serait
capable de raisonner…se laisser écouter la fiance.
Dans notre travail c’est notre défit,
« En troisième lieu, la conférence contient ceci : la transformation du titre des
conférences. » D’abord la saveur poétique, ensuite la dimension de
l’expérience pensante, en troisième lieu la manière de regarder le titre Il
reprend les étapes(cercle herméneutique)pour aller plus loin, Il le dit « méditer
le chemin de pensée oblige à penser sans cesse ce voisinage,» frayer sans
cesse encore.
« Cette transformation écarte d’abord ce que le titre pourrait avoir de
présomptueux et de familier, en lui ajoutant le point d’interrogation qui met
en question aussi bien la parole que l’essence (Wasen) Il transforme le titre en
une tournure interrogative : Le déploiement ? -de la parole ?
A présent ce qui importe, c’est la tentative de préparer une expérience
pensante avec la parole. Dans la mesure toutefois où la pensée est avant tout
une écoute, c’est à dire un se laisser dire, et non une interrogation, il est
nécessaire, s’il en retourne d’une expérience pensante avec la parole. »
C’est dense car ça nous appelle chronologiquement à faire une dimension
avec ça d’effacer à leur tour les points d’interrogation – sans pouvoir pour
autant revenir à la forme usuelle du titre.