Compte-rendu N°17

Séminaire de Zurich Groupe de lecture de Carcassonne Edith Blanquet Guy Minaudier Marie-Christine Mistral Marie Sarda Denis Touzet

Séminaire du 6 et 8 juillet 65 page 148 à 155 jeudi 11 avril 2013

Le chat ne dépasse jamais la queue qui lui court après. (entendu ce soir là)

Le séminaire d’aujourd’hui pourrait s’appeler « discours sur la méthode » mais il semble que ce titre soit déjà pris par ailleurs.

« Page 148 – La question à poser est : selon quels chemins la distinction psyché et soma peut-elle être accomplie et comment elle se laisse établir sur ses fondements ? La question du chemin est la question de la méthode. » La méthode des sciences modernes est ce qui permet d’examiner une région d’objet, c’est à dire une région de l’étant, un domaine de l’être (géographie, biologie…). Région est donc opposé en quelque sorte à l’être : c’est une des manières dont l’être se manifeste : en étant ainsi ou autrement. Est-ce que la méthode c’est questionner l’évidence ? La questionner oui, mais cela suppose d’avoir compris ce qu’est la manière particulière d’être au monde, ou le rapport particulier de l’être pour l’homme, pour l’existant. La vérité est devenue certitude au lieu d’être dévoilement. La base de la méthode est de savoir débusquer où, quand, la vérité devient évidence. Nous devons avoir un regard épistémologique sur la portée et la limite de la science. Est-ce que la méthode de la science, qui est de mesurer, est adaptée pour penser l’existence humaine. Heidegger interroge : « page 151 – [sommes nous] la rencontre mutuelle d’un processus cérébral, celui de l’observateur, avec le produit d’un processus cérébral, la statue représentée [?] ». Anecdote : le cerveau de Einstein a été prélevé, en vue d’investigation, avant la crémation (et sans son accord) ; l’étude de son anatomie n’a toujours rien donné…

Ce cerveau retiré s’oppose à l’être-au-corps du corps, c’est à dire le corps en tant qu’être et non le corps en tant que chose. Etre-au-monde implique une critique de la relation de sujet et d’objet. L’humain est toujours au monde et cela est bien plus profond que la relation sujet et objet. Illustration de cela dans le groupe par le concept de l’angoisse de morcellement, concept selon lequel une personne n’arrive pas à rassembler son corps, comme si le corps n’est que la somme de parties. L’idée de morcellement ne tient que si l’on considère que le corps est un sac d’organes mais alors on perd de vue que le corps est mienneté ; c’est la défaillance de mienneté qui pose problème (cf la psychose, voir les troubles du vieillissement). Où est mon corps quand je suis corps et âme dans une discussion ? Suis-je ici, ou ailleurs ? Et comment le thème de discussion est-il dans l’espace ? Dire, écouter, parler c’est toujours se laisser se montrer, c’est à dire des manières de prendre corps, de corporer quelque chose y compris soi même.